Plus d'un an et deux mois après l'Assemblée nationale, le Sénat va enfin débattre et voter la loi anti-fast fashion. Le vote solennel est inscrit à l'ordre du jour pour le 10 juin. La commission examinera le texte avec tous les groupes les 2 et 3 juin.
On l'attendait, mais ne l'espérait plus, puis soudain la voici: la loi visant à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile sera débattue dans l'hémicycle du Sénat puis votée mardi 10 juin. Plus d'un an après son vote à l'Assemblée nationale.
Quelques jours plus tôt, le 2 et 3 juin, les amendements seront débattus en séance plénière.
Plus d'un an d'attente pour la loi anti-fast fashion au Sénat
Pour les acteurs de l'économie circulaire, du réemploi et pour les associations de l'économie sociale et solidaire et les militants écologiques anti-surproduction, c'est un soulagement. Après de nombreuses rumeurs et plusieurs va-et-vient de la part du gouvernement et des soutiens du texte, ils vont enfin savoir à quelle sauce va être mangée la fast fashion. Pour certains, cela fait plus de deux ans qu'ils travaillent à l'aboutissement de ce texte qui s'est fait attendre au Sénat.
Le 14 mars, au sein de la Coalition Stop Fast Fashion, ils avaient déversé une montagne de dix tonnes de déchets textiles devant le Palais du Luxembourg pour réclamer l'inscription de la loi à l'ordre du jour. Un an jour pour jour après le vote à l'unanimité des députés.
Une future loi très différente de celle votée par l'Assemblée?
La crainte d'un texte "détricoté"
Des craintes sur la portée finale du texte assombrit toutefois la joie d'avoir enfin une date d'examen inscrite officiellement.
Le 19 mars dernier, en effet, la commission s'est réunie une première fois autour de la rapporteure Les Républicains Sylvie Valente Le Hir pour étudier le texte. Tous les amendements de la sénatrice de l'Oise ont été adoptés, au grand dam des associations. La Coalition Stop Fast Fashion s'est alors fendue d'un communiqué fustigeant un texte "détricoté".
Une des principales raisons de cette colère: la redéfinition du concept même de fast fashion élaborée par l'article 1. Le texte amendé prévoit qu'une marque soit considérée comme vendant de la fast fashion en fonction de son nombre de modèles produits. Non plus en fonction du nombre de vêtements produits comme prévu initialement.
Une future loi anti-Shein qui épargne la fast fashion?
Ainsi la future loi pourrait cibler les géants chinois comme Shein et Temu, mais épargner des enseignes comme Zara et H&M. Les associations craignent un texte "anti-Shein" plutôt qu'anti-fast fashion.
Interrogée par CM-CM.fr, la sénatrice assume cette distinction: "J'assume de faire une loi anti-fast fashion. Ma cible, c'est Shein et Temu", nous déclare-t-elle. L'élue refuse de toucher aux entreprises françaises et européennes.
Une marque comme Kiabi estime-t-elle "s’occupe de chaque consommateur, de chaque habitant de nos territoires, de l’enfant à la personne âgée, je ne veux pas toucher ces gens d’un centime”.
La question du bonus-malus fondé sur le critère environnemental pourrait également être revu à la baisse. Et l'interdiction pour les marques de fast fashion de faire de la publicité sur les réseaux sociaux pourrait finalement ne concerner plus que les influenceurs.
Catégorie : politique - anti fast fashion

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Voir plus : Lobbying contre la loi anti-fast fashion : Shein s’entoure des réseaux de Bolloré
